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Belgium:Janadesh2007 Bruno Documentation - 2 - 3


En savoir plus sur le sujet ...

"L'alimentation animale ; une question centrale de l'agriculture européenne ; un enjeu majeur entre l'Union Européenne, les Etats-Unis et des pays du Sud", août 2001;
dossier réalisé par la Coordination Pays anne Européenne (CPE) et le Collectif Stratégies Alimentaires (CSA), 36p. disponible sur le site web: www.cpefarmers.org
peut être obtenu, moyennant frais d'envoi, auprès du CSA, boulevard Léopold ll, 184 D, 1080 Bruxelles tél.02/412 06 60 fax 02/412 06 66 e-mail: csa@csa-be.org
PFSA
Plate-forme souveraineté alimentaire : fédération d'associations d'agriculteurs, de consommateurs, de protection de l'environnement et d'aide au développement
c/o CNCD Quai du Commerce 9, 1000 Bruxelles


Allons-nous vers une pénurie de produits agricoles ?

  [ 10/08/2007 10:14 ] Selon la Coordination rurale, " la population de l’Europe entière va découvrir au retour de vacances une situation qu’elle n’imaginait pas : la pénurie de produits agricoles." , une situation que le syndicat attribue à ce qu'il désigne dans un communiqué comme " une faillite totale de la PAC"

   Les réformes successives de la Politique Agricole Commune (PAC) ont provoqué ce résultat incroyable : l’approvisionnement de notre marché alimentaire et le prix des productions agricoles sont maintenant déterminés par le libre marché. C’est lui seul qui va s’occuper de ce bien vital qu’est la nourriture  !

Puisque le marché des céréales et des oléagineux ne répond plus à la demande il flambe. La Commission ayant vendu depuis la fin du printemps quasiment tous ses stocks qui lui permettaient de réguler l’offre et de garantir l’approvisionnement des populations, nous assistons maintenant à une ruée des spéculateurs et des fonds de pension qui viennent nourrir leurs profits sur les marchés à terme.

La production agricole de l’UE est déstabilisée, les agriculteurs assommés de contraintes. Sommés de limiter leurs productions puis de disparaître pour cause d’excédents, les producteurs de lait sont excédés et renâclent pour continuer de produire à perte. Il est bien temps pour la Commission d’envisager d’attribuer des quotas supplémentaires.

Aujourd’hui la CR se félicite de la remontée du prix des céréales qui est maintenant proche de leurs coûts de production et qui ne fait que retrouver ses niveaux d’il y a vingt ans. Par contre elle s’inquiète des dégâts que cette situation risque de provoquer sur les autres secteurs de l’agriculture embarquée dans le navire fantôme d’une PAC vidée de son contenu.

Il est urgent de construire « la PAC du XXIe siècle », afin de rétablir la stabilité des marchés alimentaires, régulés par une vraie gestion des grandes productions et de garantir un juste revenu aux agriculteurs. Cela ne sera possible que si l’agriculture sort du cadre de l’OMC.

 

Préparer l’avenir !

Il est difficile d’imaginer que l’application française actuelle de la Politique agricole commune (PAC) puisse tenir longtemps.
Son extrême complexité et les remises en cause de plus en plus sonores des soutiens à l’agriculture par la société risquent fort de compromettre son avenir. D’autant que son application s’engage sur fond d’élargissement de l’Union à 25 et de partage.
Même si la déception reste particulièrement dure à encaisser pour nombre d’entre nous qui avons mis en place des systèmes aussi économes et peu polluants... que peu soutenus, il faut rebondir. Participons autant que faire se peut à la préparation de la suite, qui viendra au plus tard en 2009.
Continuons dès à présent à "pousser" dans le sens d’une autre PACPolitique agricole commune qui reconnaisse et favorise vraiment la durabilité. Communiquons encore et toujours sur les avantages économiques environnementaux et sociaux des savoir-faire que nous avons développés.
Au niveau ce chaque exploitation, nous allons forcément préparer nos systèmes à fonctionner avec peu de soutiens : c’est à dire toujours plus économes et tirant mieux parti des ressources locales. Nombre d’entre nous, déjà avancés sur ce chemin, travaillent déjà à mieux valoriser de ce qu’ils produisent d’alimentaire, d’énergétique (bois, huiles carburants, matériaux d’isolation, vent...), ou de relationnel (accueil à la ferme, accueil de classes), toujours en reconstruisant de la proximité avec le citoyen-consommateur. A nous d’être imaginatifs, comme nous savons l’être.
Et que conseiller à ceux qui vont recevoir beaucoup de DPU, sinon de consacrer cette manne forcément éphémère, à se mettre en marche à leur tour vers l’économie, l’autonomie et l’ouverture, pour préparer l’avenir. Les formations des groupes du Réseau agriculture durable et leur expérience en la matière sont là pour les y aider. Et elles sont ouvertes à tous.

Jacques Morineau, paysan en Vendée, Président du Réseau agriculture durable - Lettre de l’agriculture durable n°38 - octobre 2005.

L’agriculture familiale et paysanne, force et réalité du 21ème siècle

Dans sa récente loi d’orientation agricole, l’Etat français érige l’"agriculture d’entreprise" en modèle. Et le ministre de l’agriculture de reconnaître ainsi devant la FNSEA, le caractère élitiste d’une loi qui vise les 15 000 exploitations les plus performantes... sur un total de plus de 600 000 en France !
Le modèle entrepreneurial brandi par la France a l’énorme inconvénient d’inciter à l’agrandissement, à la concentration, et à la restructuration des exploitations. Sous couvert de modernité, il ne peut que reproduire les erreurs qui ont conduit à la surproduction, à l’élimination des petites fermes, à la dégradation des ressources naturelles. Il est déjà condamné sur la scène internationale et critiqué sur le plan intérieur.
Si l’on veut vraiment assurer l’avenir du plus grand nombre d’actifs agricoles en Europe, ne vaut-il pas mieux parier sur la force de son agriculture familiale et paysanne ? L’intégration de nouveaux Etats membres dans l’UE comme la Pologne, et demain la Roumanie, et peut-être après demain la Turquie, fait resurgir cette option.
Quelques chiffres : les actifs agricoles représentent 1/3 de la population active des dix nouveaux Etats membres, sans compter la Bulgarie, la Roumanie, et la Turquie. Il y a actuellement 4,5 millions de petites fermes en Roumanie, 3 millions en Turquie, lesquelles assurent la sécurité alimentaire des communautés rurales, alors que l’Europe à quinze qui ne compte que 6 millions d’exploitations, a abandonné sa souveraineté alimentaire au marché mondial.
De nombreux experts l’affirment, de multiples expériences sur d’autres continents le rappellent...
... l’agriculture familiale permet de maintenir la population dans les zones rurales et de ralentir l’exode vers les villes
... ce n’est sûrement pas la taille qui caractérise la modernité et l’efficacité des exploitations
... seule une agriculture familiale et paysanne sera efficiente pour nourrir la planète demain, grâce à une meilleure productivité à l’hectare, une moindre dépendance aux énergies fossiles, des techniques plus douces pour l’environnement, un lien plus fort avec le territoire local, une meilleure préservation de la fertilité de sols.
Mais l’avenir de cette agriculture dépend à la fois du soutien de la population et de sa prise en compte dans les politiques publiques -quitte à contenir les appétits des firmes- ce qui fait cruellement défaut aujourd’hui. Si l’agriculture a longtemps été une affaire d’Etats dans l’Union européenne, il nous faut agir pour qu’elle devienne une véritable affaire de société. Les citoyens, les consommateurs et les paysans doivent se retrouver, et ils le font déjà, pour renouveler un contrat social basé sur la confiance, la réciprocité et la coopération. Tout cela pour réussir à transformer, localement et régionalement, les objectifs de souveraineté alimentaire et de développement durable que nous recherchons.

Jacques Morineau, paysan et Président du Rad, Lettre de l’agriculture durable n°41 - Juillet 2006.


Loi d’orientation agricole : la position des agriculteurs biologiques

Dans le cadre de la préparation de la Loi de d’orientation agricole, la Fédération nationale de l’agricuulture biologique (FNAB) a transmis au ministre de l’agriculture une contribution sur l’ensemble des points abordés par le projet de texte législatif. En voici de larges extraits.

L’agriculture biologique est un des modes de production qui répond certainement le mieux aux aspirations de la société européenne. La demande de denrées bio est toujours en progression, y compris en France où le récent sondage réalisé par le CSA pour l’Agence Bio (octobre 2004) confirme cette augmentation ainsi que la fidélisation des consommateurs. La production va également croissant dans l’ensemble de l’Union Européenne, sauf en France où elle aurait plutôt tendance à diminuer.

Deux facteurs principaux freinent une plus forte progression de la consommation en bio : le prix anormalement bas des produits conventionnels, et la faible présence des produits bio dans la distribution. Concernant le différentiel de prix entre bio et conventionnel, celui-ci ne saurait se réduire uniquemement par une augmentation de la productivité, qui nécessitera des moyens spécifiques à la recherche et à la vulgarisation. L’obligation d’une production multiple, le faible nombre de producteurs bio en France, leur dissémination sur un grand territoire aux régions spécialisées, les coûts de transports, de stockage, de transformation et de distribution, les abus de certains opérateurs indélicats, l’internalisation des coûts environnementaux, des règles d’organisation économique non adaptées, des aides PACPolitique agricole commune plus faibles en moyenne (25%), sont autant de désavantages et/ou de surcoûts, comparés à la production conventionnelle. Ce développement, voire une représentation très dépendants du bon vouloir des instances conventionnelles et des organisations reconnues, défavorise encore la promotion de la production biologique française qui, pour d’aucuns, devrait rester un marché de niche et surtout ne pas faire état de ses bénéfices pour l’ensemble de la société.

Aujourd’hui, cette dernière change, et de nouvelles demandes, en matière de distribution notamment, se développent. Toutes vont dans le sens d’une plus grande proximité, géographique et/ou par suppression des intermédiaires, entre producteurs et consommateurs. Le coût du travail paysan et des risques inhérents à la production agricole sont mieux reconnus. Les consommateurs retrouvent les marchés et surtout leurs stands de producteurs, recréent des associations contractualisant en direct avec les agriculteurs, et partagent financièrement avec eux les aléas naturels en achetant à l’avance la production (AMAP). De leur côté, les producteurs aspirent à partager les avancées sociales des autres catégories socio-professionnelles, en terme de rémunération, de minimisation du risque, de temps de travail.

Dans ses "considérants", l’agriculture biologique place parmi ses principes fondamentaux la juste rémunération du producteur et l’équité dans les rapports commerciaux à chaque maillon de la filière qui va du producteur au consommateur. Autre fondamental de la bio, la proximité entre lieux de production et de consommation, liant ainsi la production au territoire. En France, la FNAB est déjà engagée dans des accords pour mettre en pratique ces fondamentaux : c’est le cas de la collaboration engagée avec Biocoop pour des relations équitables et territorialisées entre producteurs du réseau FNAB et l’enseigne de magasins spécialisés. Ce fut également le cas avec la signature de la Charte entre la Fédération Nationale d’Agriculture Biologique des régions de France et Auchan pour le développement de la filière viande, même si cette charte n’a pas apporté tous les bénéfices escomptés.
Pour développer l’agriculture biologique sur l’ensemble des territoires, il faut que ces deux fondamentaux soient appliqués autant que possible, dans toute les relations commerciales. L’introduction de règles de commerce équitable Nord-Nord est donc souhaitée, et devrait être avancée par la France, bien évidemment au niveau européen.

Concernant les règles d’organisation économique, les spécificités structurelles et conjoncturelles de la bio doivent être reconnues :
• La spécificité systémique tout d’abord : les obligations de rotations, de polyculture, voire d’une unité d’élevage font de l’exploitant bio un agriculteur multi-productions qui ne peut pas se spécialiser autant qu’un producteur conventionnel. Les productions ne sont pas toutes valorisables aujourd’hui ; dans certaines régions, les outils de collecte, stockage, transformation, distribution n’existent plus ; la promotion de la production biologique doit être à la fois générique et spécifique à chaque filière. On doit donc admettre une organisation économique le plus souvent multi-produits. Par conséquent, il faut favoriser la création d’une interprofession bio nationale ouverte aux consommateurs, qui travaillerait en coopération avec les commissions bio des interprofessions mono-filières. Cette interprofession, rendue possible par la dernière loi d’orientation agricole, devrait être réservée à des structures dont l’activité liée à la bio est majoritaire quel que soit le critère de mesure de cette activité. Un contributeur à cette interprofession ne devrait pas se voir obligé de verser également de CVO à une ou plusieurs interprofessions mono-filière.
• La production biologique ne trouve pas toujours preneur, du fait du décalage entre l’augmentation de celle-ci et les possibilités de transformation à un moment donné. Cette différence est en contradiction apparente avec une demande des consommateurs toujours en hausse. Or, l’augmentation des surfaces et des quantités produites en bio est nécessaire, du fait d’une part de l’impossibilité de prévoir la situation à deux ou trois ans d’intervalle, temps nécessaire à la conversion, d’autre part parce que seules les augmentations de surfaces et de productions permettront de diminuer les surcoûts de transformation, de logistique et de distribution, et de rentabiliser des investissements pour la bio au sein des entreprises d’aval. Si l’on veut conserver un prix rémunérateur à la production biologique, il faut donc en commercialiser une partie dans le circuit conventionnel, comme c’est le cas dans des pays d’Europe du Nord [<a name="nh1" id="nh1"></a><a href="http://www.ruralinfos.org/spip.php?article1641#nb1" title="[1] Ainsi en Suède, où 13 % des surfaces reçoivent une rémunération spécifique (...)">1 </a> ]. La FNAB propose la mise en place d’un système stable de mutualisation entre les produits bio vendus en bio et les produits bio vendus en "conventionnel" (nécessaire pendant une période transitoire de plusieurs années, car marchés en création et en croissance). Un tel système de mutualisation devra cependant éviter d’encourager un "productivisme" bio. Dans le cadre de l’interprofession bio que nous demandons, on peut imaginer que ce système de mutualisation prenne également en compte le différentiel entre productions à haute valeur ajoutée, et celles non valorisables en bio (pas de filières bio, pas de facilités régionales opérationnelles), mais rendues obligatoires par les choix techniques de l’agriculture biologique (rotations...).
• La reconnaissance des Organisations économiques de producteurs biologiques, avec les avantages liés à cette reconnaissance, doit être facilitée par des règles spécifiques aux bio, du fait de leurs caractéristiques, pas toujours cumulées : faibles quantités et chiffres d’affaire, multi-productions, multi-circuits de distribution. Ces organisations de producteurs ne doivent pas se voir imposer les règles et les cotisations de l’agriculture conventionnelle, non adaptées aux besoins de l’agriculture biologique.

La contribution complète est disponible sur demande à la FNAB.Vincent Perrot, Fnab - vperrot@fnab.org

La volonté de s’installer, pour créer quelque chose

Yannick André s’est installé en 2000 sur une petite ferme à Plouguernével. Ses difficultés ? Trouver la ferme, faire valoir ses droits auprès de l’administration agricole, et désormais trouver du temps pour travailler l’aspect commercial. Pour valoriser localement ses produits de qualité.
Je me suis installé en 2000 à Plouguernével sur 40 hectares. Jusque fin 2001 je travaillais à l’extérieur à mi temps. J’ai été obligé d’arrêter, pour avoir droit aux aides bovines. Comme les aides bovines étaient l’équivalent de mon travail à l’extérieur, il valait mieux ne rien faire. Sur la ferme il y 15 vaches allaitantes, 60 brebis, et 110 porcs engraissés (les porcelets sont achetés à l’extérieur). Et les cultures : 5 ha de mélange céréalier et 3 ha de féverole. C’est une installation progressive. J’ai acheté 10 vaches pour m’installer, j’avais 20 brebis en 2000. Pour les moutons et les porcs, je vends en circuit court : des particuliers, ou des boucheries, ou des magasins type biocoop. Pour les bovins c’est plus difficile : ils sont vendus surtout en circuit long, et pas en bio.

Tu as eu les aides à l’installation ?
Non, je les ai refusées. Cela m’obligeait à un système comptable qui me coûtait très cher : en 8 ans je reversais ma DJA ! Et si jamais mon projet ne marchait pas, il fallait reverser. Je préférais travailler seul, ne rien devoir à personne.

L’agriculture, ça a toujours été un projet ?
Plus ou moins, Mes parents ne sont pas du tout du milieu agricole. Mon grand père avait une ferme. J’ai une formation agricole, un Bac STAE et j’ai commencé un BTS ACSE. Je me dirigeais plus vers les chevaux. J’ai vu que ça devait rester une passion et pas un métier. Ce qui me plaît, c’est d’être mon patron, de gérer le truc, le travail à l’extérieur, la relation avec la nature, avec les animaux. Et l’impression de créer quelque chose. Quand j’ai repris la ferme il n’y avait plus rien.

Cela a été difficile de trouver une ferme pour s’installer ?
Très. Très difficile. La recherche a duré un an et demi. Je travaillais déjà à mi temps et l’autre mi temps, voire plus, je le passais à chercher une ferme. Et quand je trouvais, il y avait généralement des grosses structures qui me coupaient l’herbe sous le pied. Cette ferme là j’ai réussi à l’avoir parce que c’était une liquidation judiciaire. Les terres n’étaient pas en très bon état. Et la Confédération paysanne m’a énormément aidé. Il a quand même fallu se battre avec le notaire…

Beaucoup de temps. Et d’argent aussi ?
Non, parce que les terres sont en location. Tout était à refaire. Je ne voulais pas non plus m’engager sur des sommes énormes. Toujours garder dans la tête, si demain je veux partir il faut que je puisse. Je voulais pas avoir le couteau sous la gorge.
Pour les bâtiments, c’est de la "récup". Sur une ferme comme la mienne, je ne peux pas me permettre d’investir dans du neuf ou même dans du matériel d’occasion très performant. La bergerie, c’est de l’auto construction... C’est pour ça qu’elle n’est pas finie !

Qu’est ce qui est important dans les choix que tu as fait ?
Etre autonome. C’est important pour moi d’être autonome. Essayer de travailler un maximum avec les autres agriculteurs plutôt qu’avec les coopératives. Réussir à choisir plus les petits circuits, à l’échelle du pays, à l’échelle humaine.

Est-ce que les aides ont beaucoup d’importance sur le système d’exploitation ?
J’ai moins de 15.000 euros d’aides par an, en tout : aides animales, PAC, et CTE.
Sans aides, je serais dans le rouge. Mais je ne recherche pas non plus comme disent les banquiers à "valoriser la PAC". J’y ai droit, je les demande, je suis content de les avoir.

L’installation progressive a été compliquée ?
Très. Quand je me suis installé je ne pensais pas que ce serait aussi compliqué. Et je me suis rendu compte que le plus compliqué c’était avec l’administration. C’est même moins compliqué avec les banques ! C’était plus facile de trouver des financements que d’avoir les aides, les autorisations d’exploiter, les droits à produire. Cela fait que deux ans que j’ai des primes bovin viande. La DDA m’avait refusé les aides la première année parce que je travaillais à l’extérieur. J’arrête de travailler à l’extérieur, je demande les aides et on me dit : "non, vous n’avez pas assez de vaches".
Et je lâchais quand même un droit à produire de 60 truies naisseur-engraisseur sur la ferme pour faire cette petite structure. Donc c’était quand même passer de quelque chose de très intensif à quelque chose d’extensif ! Mais personne n’en a jamais tenu compte. Alors que par ailleurs on nous parlait de politique de l’eau !

Les projets pour les prochaines années ?
Développer la vente au niveau des bovins. Au niveau de la production agricole j’aimerais bien augmenter encore un peu puis me stabiliser pour développer davantage l’aspect commercialisation. Donc, rester à 110 porcs engraissés, passer à 80 brebis, et à 20 vaches allaitantes. Puis le commerce, et peut être de l’accueil à la ferme, avec de la vente à la ferme... et pourquoi pas un gîte.

Propos recueillis par Jeanne Thiébot, l’Echo du Cedapa, octobre 2006.


Je jardine, tu jardines, nous jardinons…

Fruit d’un partenariat entre écoles et centres à vocation sociale, un jardin partagé a vu le jour dans une zone d’éducation prioritaire.
« Quand je pense qu’au départ, tout le monde croyait que rien n’allait pousser », confie Mme Marie-Christine Ortner directrice de l’école maternelle Kennedy, à côté du premier jardin partagé de ce genre à Besançon dans le quartier de Montrapon. Situé dans une Zone d’éducation prioritaire (Zep), ce jardin s’est construit autour de la volonté de partager une action favorisant le développement social et local d’un quartier. C’est d’ailleurs le cœur du concept de jardin partagé, dynamique impulsée en France par des associations telles que les jardins familiaux, la ligue des coins de terre, celle des cheminots en 1997 en s’inspirant des jardins communautaires New-Yorkais et Québecois (Transrural n°293).

« Nous aussi on veut faire ce qui pousse, un jardin où ça sent »

L’idée d’un jardin collectif a germé dans une école du quartier de Montrapon en 2005 suite à une sortie pédagogique dans un jardin de Cocagne. Cette visite avait mis en évidence chez les enfants et leurs parents une relative méconnaissance des légumes. Bientôt, les enfants feront sentir leur envie de se mettre à l’ouvrage : « nous aussi on veut faire ce qui pousse, un jardin où ça sent ! » Patricia Olivarès, animatrice coordinatrice de la Zep, s’est alors engagée dans un long travail de contacts dans le quartier afin de susciter un co-portage du projet. Plusieurs partenaires se sont ainsi associés : deux écoles maternelles, une école élémentaire, la maison de quartier de Montrapon, l’Espace solidaire, le Lien gourmand et le foyer logement les Cèdres. Le plus dur a été l’accès à un terrain pour implanter le jardin. « Il a fallu taper à toutes les portes », témoigne P. Olivarès. Une fois trouvé, le « jardin partagé » allait pouvoir naître, avec sa vocation de créer du lien social et intergénérationnel et d’apprendre à gérer ensemble un espace.
Très vite, le collectif s’est entouré de partenaires techniques pour concevoir et gérer un tel espace : les jardins familiaux, le service des espaces verts de la ville qui a notamment réalisé une parcelle aménagée accessible aux handicapés moteurs, la « Petite École dans la forêt » et les jardins de Cocagne pour des conseils en aménagements pédagogiques et techniques. Des financements ont été mobilisés dans le cadre du dispositif contrat de ville et les écoles ont utilisé des crédits Zep.

En avril 2006, les élèves ont pu faire leurs premières plantations, le corps enseignant dans sa diversité intégrant le jardin comme support pédagogique. Chaque classe dispose de quatre parcelles, avec un planning d’occupation invitant les classes à travailler ensemble. Un plan de localisation des parcelles permet de partager l’espace entre les partenaires. « Les personnes âgées viennent appuyer les enfants dans le jardin mais ne disposent pas de parcelles à elles. Les Espaces solidaires, qui ont un réel objectif de production pour préparer des repas, étaient d’abord en position de repli ; ils prennent désormais du plaisir à venir en même temps que les classes et à conseiller les enfants », précise P. Olivarès. La maison de quartier dispose elle aussi d’une parcelle. Les familles peuvent venir au jardin et pique niquer, l’accès est libre toute l’année.

 

Une situation précaire
Face à la diversité des idées d’aménagements et d’activités qui surgissent, les élèves et adolescents de la maison de quartier semblent s’approprier pleinement le lieu. Cependant, une grande inquiétude plane sur le jardin. Le terrain utilisé appartient à le SEDD  qui le concède jusqu’en septembre 2007. Par la suite, il pourrait être vendu pour de l’habitat municipal. « Si des HLM sont construits sur une partie du terrain, pourquoi ne pas envisager de partager le jardin avec les habitants des immeubles ? », propose déjà P. Olivarès.

Aurore Sauvaget, Transrural Initiatives n°319, 10 octobre 2006.


[http://www.ruralinfos.org/spip.php?article2229#nh1 SEDD : Société d’équipement et de développement du Doubs.]


Correns, le premier village bio de France

Avec pratiquement toutes ses vignes en agriculture biologique, le village de Correns est un modèle du genre. D’autant plus que le développement d’une agriculture de qualité a contribué à redynamiser plus largement la vie communale.
Ce petit village viticole du centre de la Provence ne semblait pas promu à un grand avenir : enclavé, une grande incertitude pesant sur son domaine viticole. L’intérêt grandissant pour l’agriculture biologique de la part des consommateurs a suscité l’idée et Michael Latz, actuellement maire du village, a su convaincre les vignerons de s’engager en agriculture biologique. Cette pratique paraissait la plus adéquate pour exprimer l’authenticité, la qualité, la typicité de terroir.

90% des coopérateurs viticoles
Aujourd’hui 200 hectares de vigne sont certifiés en agriculture biologique. Cela représente plus d’une centaine de vignerons. Deux atouts non négligeables ont facilité cette conversion : des conditions agro-écologiques favorables (climat sec donc peu de maladies cryptogamiques) et la petite taille des exploitations (en moyenne 10 hectares) adaptée à l’attention nécessaire à la conduite en bio.
Cet engagement dans la bio a séduit l’entourage. Un céréalier, des maraîchers, un éleveur de poules pondeuses se sont également convertis. La cave coopérative viticole est une des premières coopératives bio de France. Les 80 vignerons bio en AOC Côtes de Provence et vin de pays du Var représentent 90% des coopérateurs.
Au delà du volet agricole, c’est toute une dynamique respectueuse de l’environnement qui est enclenchée. Le conseil municipal a décidé de rénover un bâtiment avec les normes de Haute qualité environnementale (HQE) et finance le conseil d’experts en qualité environnementale pour tout projet de construction au moment de la demande de permis. Sont encouragées, l’énergie solaire, l’éco-construction… Une réflexion autour de la filière bois est également engagée. Le chauffage des bâtiments municipaux va désormais se faire à partir d’une chaudière à plaquettes de bois. L’énergie supplémentaire sera vendue aux particuliers voisins.

Retombées touristiques
Enfin, le tourisme bénéficie de cette démarche. Le Vallon Sourn, traversé par l’Argens, le plus grand cours d’eau du Var, est un haut lieu écologique, refuge de nombreuses espèces végétales et animales sensibles à la pollution. Le public nord-européen, sensible à l’éco-tourisme, ne s’y est pas trompé. Le site d’escalade du Vallon Sourn reçoit de plus en plus de visiteurs. Ainsi, le village de 675 habitants possède aujourd’hui 200 lits pour les accueillir dans les deux hôtels et dans 31 meublés qui ont été aménagés à partir de maisons inhabitées. De nombreuses familles localement ont pu diversifier leur source de revenus.
Pour plus de renseignements : Tél mairie de Correns : 04.94.37.21.95 - site : www.correns.fr

C. Laidin, Transrural Initiatives n°276, 11 janvier 2005.


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